Chapitre 9 – « Lui. »

J’ai relu tes 8 paragraphes et tu n’as pas changé. Ton texte contient autant de poésie que de fautes d’orthographe. Tiens, tant qu’on y est, notre histoire n’était pas « male seine », mais « malsaine ». Une semaine est passée et je ne t’ai toujours pas écrit. Plus je lis ta réponse, moins je sais quelle doit être la mienne. Si nous avions cette conversation, je suis certain que tu me lancerais que tu n’en attends pas. Ou peut-être que tu dirais autre chose, mais j’en doute. De toute manière, quoi que tu répondes, je serais incapable de te prendre au mot car je donne systématiquement du sens à tes paroles et réactions alors qu’elles en sont le plus souvent dénuées. Un simple acquiescement peut se transformer en provocation et un simple message en mensonge. Désolé.

Cette fois-ci je m’adresse directement à toi, lecteur. J’aimerais que tu saches à quel point tu es important. Sans vraiment savoir pourquoi, c’est simple entre nous. Toi et moi n’avons pas toujours tout fait correctement et c’est certainement cela qui nous rapproche. Je me rappelle cette fois où nous nous sommes retrouvés. L’endroit n’avait pas particulièrement de charme. La pièce, embaumée d’une mauvaise odeur de bière, était sombre et bondée de monde. Nous nous sommes assis sur des fauteuils inconfortables, accoudés au bar et encore vêtus de nos vestes pour nous protéger du froid. Si tu savais comme j’étais gêné d’avoir choisi un lieu aussi désagréable. Comme tu es une personne bienveillante, tu ne m’avais rien dit. Peut-être t’en fichais-tu ? En fait, avec toi je ne me pose pas ces questions.

Rapidement, le décor de ce lieu s’assombrissait pour laisser ton visage s’illuminer. La gentillesse étincelait dans tes yeux. Quelques minutes avaient suffi pour réchauffer ce bar et enjouer nos cœurs. Je ne te l’ai pas dit, mais j’ai planté la personne qui m’attendait après notre entrevue tellement j’aimais le temps que nous passions ensemble. J’étais étonné par le naturel de notre relation. Comme si l’écart de nos mondes ne suffisait pas à nous empêcher de nous comprendre, bien au contraire. Étrangement, alors que nous avions passé seulement quelques heures ensemble par le passé, tu avais décidé de t’ouvrir et de me parler de ta vie qui n’était pas comblée.

Tu m’as dit plus tard que notre conversation t’avait permis d’y voir plus clair et j’en étais ravi. La vérité, c’est que la personne qui te faisait tant souffrir avait des comportements similaires aux miens : cela n’a donc pas été très difficile de te dire comment agir. Tu m’as trouvé lucide, mais c’était du vécu. Paradoxalement, bien que je me reconnusse dans tes propos, je me suis demandé comment il était possible de douter de toi. En tout cas, à sa place, je suis certain que ça n’aurait pas été mon cas. Je le trouvais donc aussi idiot que j’avais déjà pu l’être dans ma propre vie.

Tu devais le rassurer régulièrement que tout se passait bien. Il t’emprisonnait dans un quotidien oppressant duquel tu voulais sortir. Tu avais besoin d’air et de liberté. Le plus bête dans cette histoire, c’est que tu en venais à te sentir coupable de croire que tu avais le droit d’apprécier d’autres personnes que lui. De penser à autre chose qu’à lui et son perpétuel mal-être qui servait à défendre ses caprices. Il capturait ton temps pour de l’attention quand tu ne lui en donnais pas. Somme toute, en dehors de lui, ta vie ne valait rien car il te la barricadait.

Cher lecteur, si tu n’es pas celui à qui je m’adresse, je suis certain que tu comprendras très bien de quel genre de « lui » je parle. Après tout, c’est une histoire banale. Cela peut concerner une personne de ton entourage ou c’est peut-être quelqu’un avec qui tu partages ou a partagé ta vie. Si c’est le cas, je ne peux que te dire de fuir avant qu’il ne t’enlève le peu de joie qu’il te reste. Ce « lui » souffre et ne vit que par ta dépendance. Il ne te laissera pas choisir ce que tu veux, il ne te laissera pas choisir qui tu es.  

Si tu es ce « lui », sache que je ne te juge pas. Tu sais que tu lui fais du mal mais c’est plus fort que toi. Si tu as du courage, pars. Refais ta vie et deviens un autre. Tu peux changer, même si tu es le premier à ne pas y croire. La satisfaction que te procure le paraître est infime par rapport au bonheur que peux t’apporter l’être. Tu peux devenir la personne que tu veux, alors cesse de parler et agis, mais surtout, laisse-la vivre en paix et va-t’en.

Je sais que tu n’aimes pas les longs discours. De toute manière, nous arrivons à nous le dire sans nous parler. La distance ne me fait pas peur et le temps non plus. La vie est assez belle et miraculeuse pour bien faire les choses et je crois autant en elle qu’en toi. Alors à très vite.

Zebubu.

Si tu souhaites être averti-e de la suite de cette histoire, ça se passe ici :

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