Chapitre 4 : « Poison. »

Cher lecteur, pour la première fois je m’adresse à toi dans le préambule du chapitre, car cela me paraît nécessaire. C’est un passage essentiel et difficile de l’histoire, car je m’apprête à te raconter un enfer qui a duré plus d’un an. Pour éviter les détracteurs et parce que je n’ai pas suffisamment de courage pour te l’écrire directement, j’ai décidé que ce chapitre serait une énigme. Si tu ne comprends pas, reprends chaque idée du début, l’addition de celles-ci te révélera alors l’inconnue.

Choisir de ne pas réfléchir nous semblait une bonne solution. Elle m’en voulait et elle avait raison. Il a fallu que je le refasse, j’étais trop con. Aujourd’hui, je comprends d’où vient mon problème : j’ai ancré dans mon cerveau l’idée qui si ce n’était pas moi, ce serait elle. Alors tant qu’à faire… En tout cas, depuis ce jour, notre couple sentait la poudre à canon. Nous avons fini par exploser dans une immense déflagration.

Occulter le passé ne pouvait pas fonctionner. Nous revenions systématiquement à la triste réalité. Quand je voyais ses pupilles noires s’humidifier, je lui tendais un mouchoir et je la fermais. En peu de temps, je suis devenu l’opprobre de tous ceux que nous côtoyions et cela la peinait. Finalement, c’est certainement cela qui l’a dégoûtée.

Celle que j’ai connue était si douce et si heureuse. Je l’ai rendue si vile et agressive. Du jour au lendemain, elle est devenue ma pire ennemie. Elle pouvait me dire « je t’aime » le matin, et « dégage » l’après-midi. L’ennui, c’est que nous nous levions de plus en plus tard. C’est normal, nous ne dormions plus la nuit.

Arrivé le week-end, il n’était pas question de vivre une aventure. Pourtant, nous aurions été si bien au sommet du Pic Cristóbal Colón. Seulement, ce genre de voyage, nous le faisions à la maison. Au début, nous partions à la montagne voir les flocons tomber. Je me rappellerai toujours cette fois où nous étions partis marcher. C’était magnifique de l’entendre rire et de sauter dans la neige à ses côtés. Nous marchions sur les traces de ces personnes sportives qui nous dépassaient. A la fin de l’histoire, tout ce qui nous restait : c’était les soirées que nous passions. Aujourd’hui, j’en garde seulement le souvenir des cigarettes que nous enchaînions.

Imaginant le pire, je l’accablais souvent. Je n’étais pas légitime, j’étais bien loin d’être transparent. J’inhalais l’érotisme et terminais la nuit en tremblant, tandis qu’elle pleurait pour mes bêtises en reniflant comme une enfant.

Nous regardions le plafond, les yeux écarquillés et sueurs au front. L’air nauséabond que nous ne pouvions pas respirer en disait long. Nous n’étions plus les mêmes, seulement des projections. Pour colmater nos cœurs, nous utilisions du poison. J’avais beau regretter, te demander pardon ; le mal était fait, seules les années nous guérirons.

Effrayé par la suite, j’ai désiré la fuir. Je savais que loin d’elle, nous ne pourrions plus mourir. C’était la seule façon pour moi de respecter mes dires. Je lui ai promis un jour que je l’aimerai pour le pire et j’espère que désormais… elle n’est plus dans ces mauvais délires.

Raphaël.

P.-S. : Tu as compris le sens du texte ? Je serais ravi d’avoir ton retour en MP sur mon Instagram @leraphistador.

Si tu souhaites être averti-e de la suite de cette histoire, ça se passe ici :

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