Chapitre 3 : « Décision. »

J’ai beau le tourner dans tous les sens, il est certain que tout part de là. J’ai fini par le comprendre à mes dépends et je t’en ai parlé. Mes mots t’ont blessé, je le sais. Peut-être que j’aurais pu le dire différemment. Mais comment ? Tu sais à quel point ces événements ont impacté ma vision de la vie, alors que j’étais jeune. Trop jeune pour ne plus croire en l’amour. Trop jeune pour ne plus croire en l’autre. Trop jeune pour porter vos douleurs et décisions. Tu es forte, je le sais. Tu as toujours été la plus forte. Mais par pitié, je veux t’entendre dire que je ne suis pas responsable de tes maux. Je ne veux pas l’être. Non… Je ne le suis pas.

Cela faisait 3 ans que j’étais en couple avant de la rencontrer. D’ailleurs, je pourrais te décrire cet instant avec beaucoup de précision. C’était comme si je sortais d’une geôle humide, sombre et froide après des années d’enfermement. Comme la première bouffée d’oxygène, le premier rayon de soleil et les premiers effluves de fleurs après une long hiver. C’était palpable, intense.

Nous faisions une pause sur le retour de Bordeaux vers Lyon. Elle avait faim et avait commandé un hot-dog dans une station-service. Alors qu’elle mangeait, je l’ai regardée. Elle avait de beaux yeux marrons, légèrement bridés. Elle portait un manteau vert kaki doublé d’une fourrure. D’ailleurs, je lui avais pris la tête car elle en était fière. Son antipathie envers les animaux m’agaçait. En fait, de manière générale, son caractère était dur et ses idées carrément arrêtées. Nous nous ressemblions, en fin de compte. A ce moment-là, alors que j’étais plongé dans son regard, j’ai découvert le sens de l’expression « être frappé par la foudre ». Il m’a fallu moins d’une seconde pour tomber raide dingue d’elle. Pourtant, je t’assure qu’en mastiquant son sandwich, elle n’était clairement pas à son avantage.

Seulement, quelques minutes plus tôt, je me sentais mal, écrasé par le poids de la culpabilité de mener une double-vie. Elle le savait, mais faisait mine de ne pas s’en soucier. De mon côté, je m’en voulais car je savais à quel point l’infidélité faisait mal. C’était beaucoup plus fort que moi… Elle m’attirait terriblement.

J’avais fauté la veille dans la pire ambiance possible. Pour te planter le décor, nous avions réservé une chambre individuelle dans un F1 et notre premier repas était un McDonald. Nous l’avions englouti à l’arrache, assis sur un lit inconfortable, dans une chambre dégueulasse, qui ne disposait pas même d’une douche ou de toilettes. Pourtant, cette nuit avait été délicieuse.

En fait, j’avais fauté au moment où j’avais accepté qu’elle vienne avec moi pendant ce déplacement professionnel. Je connaissais les risques, mais je voulais être capable de résister à mes pulsions. Je n’ai pas réussi, j’en étais incapable. A qui la faute ? J’avais envie d’elle, je la désirais comme personne d’autre. Elle représentait tout ce que j’aimais chez une femme : intelligente, mystérieuse et sexy.

Tandis qu’elle mangeait, je réfléchissais à la suite. Toute cette mascarade allait devoir s’arrêter dans quelques heures. Fréquenter deux personnes n’était même pas envisageable. Pourtant, couper les liens avec elle m’était tout bonnement impossible. Finalement, la seule solution était de rompre avec celle qui m’avait soutenu et supporté les trois dernières années, pour tout recommencer avec elle. C’était évident et sans appel.

Le lendemain de notre arrivée à Lyon, je faisais mes valises pour venir emménager chez elle. J’ouvrais la porte d’entrée de son immeuble, le sourire aux lèvres, euphorique à l’idée de tout ce que nous allions construire ensemble. C’est cette même porte qui m’a infligé cette cicatrice sur le front deux années plus tard.

Cher lecteur, tu te demandes certainement ce qui a pu se passer pour que j’en arrive là. Cependant, laisse-moi te prévenir que tout cela n’est que la conséquence d’un long processus qui a démarré bien avant cette relation. Tu y as d’ailleurs peut-être participé sans t’en rendre compte. Je préfère t’avertir que si tu n’es pas tout à fait enclin à entendre des vérités qui fâchent, mieux vaut arrêter la lecture immédiatement. Si par hasard tu décidais de continuer, fais-moi seulement la promesse que tu seras prêt à accepter mes reproches sans m’en vouloir ; car finalement, ce blog est seulement une histoire banale.

Raphaël.

Si tu souhaites être averti-e de la suite de cette histoire, ça se passe ici :

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