Chapitre 1 : « Reflet. »

« Je sais pas ce que t’as en ce moment mais j’ai l’impression que t’as besoin de prouver des choses. Ta façon de parler, etc… Désolée mais moi les compétitions, c’est pas mon truc. »

Je ne la connaissais pas vraiment, en réalité c’était une amie de mon meilleur pote, mais son message m’avait touché car elle avait raison. Depuis quelques mois maintenant, j’ai besoin de me prouver des choses. Il faut dire que jusqu’à ce fameux soir, ma vie partait complètement à la dérive.

Ce message, pourtant anodin était à mon sens déplacé, méchant, voire carrément impertinent. Je l’ai ressenti comme une attaque, un jugement de valeur. Pourtant, j’aimerais te remercier de l’avoir écrit, car il fait parti des raisons qui m’ont poussé à ouvrir ce blog.

Pour que toi, lecteur, comprennes ma démarche, je vais te raconter des événements récents que j’ai vécu. Néanmoins, il s’agit pour moi d’un exercice très difficile de lâcher-prise et je te demande beaucoup de bienveillance si tu souhaites poursuivre cette histoire.

Nous sommes le 26 février 2019, il est 18h30. Elle et moi avons prévu de nous voir. La veille, son comportement était étrange. Elle n’avait quasiment pas répondu à mes messages. Ce soir, je sens que rien ne se passera comme je l’imagine.

En fait, nous nous sommes séparés deux mois auparavant (comme nous l’avons déjà fait à de nombreuses reprises). Pourtant, jamais nous n’arrivons à rompre le lien. C’est indéniable, nous nous aimons.

Comme elle adore le Gewurtzraminer, un vin blanc alsacien très doux et légérement sucré, je décide d’aller acheter une bouteille chez notre caviste préféré, près de son appartement. Sur le trajet, je passe devant sa fenêtre. Les volets sont ouverts et la lumière éteinte. Il n’y a personne.

En sortant du magasin, heureux, je reçois un appel. Elle ne viendra pas. Elle doit récupérer une amie à son bureau et ira dormir directement chez celle-ci, « par commodité » me dit-elle. Visiblement en panne de batterie, la conversation s’arrête. C’est le coeur très lourd que je rentre. Je ne la verrai pas.

M’attendant à un coup de fil de sa part pour clore notre conversation, j’attends. J’ai un verre à la main, je suis assis sur mon canapé, ma télévision est éteinte et mes yeux sont rivés sur mon téléphone. Les heures passent et je m’agace. Je l‘appelle une fois, deux fois, trois fois, quinze fois. Toujours rien, seulement son répondeur.

22h00. Alors que je me promets de lui téléphoner pour la dernière fois, son téléphone sonne enfin. Elle décroche, puis raccroche immédiatement. C’est là que tout bascule.

Je décide d’enfiler ma veste pour aller chez elle. À ce moment-là, je suis pratiquement certain qu’elle me ment. Je suis persuadé qu’elle est chez elle et m’a simplement posé un lapin. J’attends des explications, car je ne supporte pas l’idée d’être pris pour un imbécile.

22h20 : arrivé devant chez elle, je découvre avec stupeur ses volets fermés. Elle était donc bien rentré. Je vois rouge.

En poussant la porte d’entrée de l’immeuble, je découvre qu’elle est fermée. Mon coeur s’accélère. Je comprends qu’elle m’a enfermé dehors et que je suis là, abandonné. En colère, je pousse à nouveau la porte. La vitre éclate dans un tumulte effroyable.

Tout le voisinage l’a sûrement entendu. Pourtant, dans ma folie, je décide de me faufiler dans le hall de son immeuble, de courir à son étage et de taper à sa porte.

Je ne m’en étais pas aperçu, mais du sang perlait à grosses gouttes sur le sol. Mon visage et mes vêtements étaient littéralement ensanglantés. Dans tout ce vacarme, une voix traverse pourtant les escaliers menant à l’étage. Le voisin du dessus me prie de repartir aussi rapidement que possible avant d’appeler la police.

J’aimais bien ce mec. Il m’avait aidé à porter le canapé lorsque nous avions aménagé ici. C’était un chic type. Le genre de voisin idéal, toujours prêt à te rendre service.

Ainsi, honteux et le visage coulant, je redescends les étages en pleurant. Les voisins du quartier se sont déjà ameutés devant l’immeuble. La tête baissée et les yeux rivés sur le sol, je retourne chez moi. Ce soir-là, j’ai décidé que ma vie changerait.

Dans la suite de mes articles, j’ai décidé de m’ouvrir totalement à toi, lecteur, et de t’écrire dans quel état était ma vie à ce moment-là. Je vais te raconter l’histoire d’un mec instable et névrosé. L’histoire d’un mec qui n’a pas toujours fait les choses correctement. Une histoire connue par certains amis, mais inconnue par la plupart.

Bref, une histoire banale, mais qui est la mienne.

Raphaël.

Si tu souhaites être averti-e de la suite de cette histoire, ça se passe ici :

3 réflexions au sujet de “Chapitre 1 : « Reflet. »”

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